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Comme c’est triste

Demain nous irons voter pour le premier tour des présidentielles en France. Et c’est plein de tristesse que je donnerai ma voix. C’est un sentiment assez courant depuis que je vote aux présidentielles, mais qui n’a jamais été aussi fort. Un sentiment du avant tout au système de la 5eme république qui met en avant les hommes ou femmes avant les idées, comme ils le disent tous : la présidentielles c’est la rencontre d’un homme ou d’une femme avec les français.

Je pensais, très certainement naïvement, que la surface d’échange et le lien direct entre les candidats, leurs équipes et les électeurs apportés par le web allait permettre d’aller plus loin , de mieux informer sur les programmes et les idées. Aujourd’hui je vois que c’est l’effet inverse qui se produit. Internet et les réseaux sociaux ne font que mettre en exergue, les petites phrases, les slogan, les « punchlines » et autres incantations creuses.

Au final, on va préférer le meilleur tribun, le petit jeune plein d’espoir qui réussit à faire passer la droite modérée pour du socialisme, la marchande de haine sans vraiment se demander ce qu’ils proposent au fond. Pire, les arguments de fond ne semblent avoir aucune prise et renforcer leurs cibles. A ce titre cette contribution sur Slate par exemple est assez intéressante.

De fait, les discours simplistes, voire simplets, mais aussi les plus anciens et répétés, disposent d’une sorte de prime d’adhesion, qui se ressent directement dans les sondages.

Mais tout cela est au final assez normal. Devant un déluge d’informations, souvent contradictoires, provenant de multiples sources, plus ou moins partisanes, dont je fais partie, on ne retiendra que les point saillants, déjà intégrés, on se rattachera au actions, aux symboles, plus qu’aux idées ou aux visions. Bref, on votera pour le paraitre.

Ce qui me frappe le plus, c’est qu’autour de moi, ce sont les plus sceptiques par rapport à cette société de l’information qui se sont laissé prendre, oubliant leurs filtres pour participer joyeusement au grand brouhaha et finir de brouiller les pistes, de casser les repères.

Dans cette élection, plus que jamais, il n’y aura pas eu de place pour les idées, les électeurs semblent toujours plus répondre à la question « qui ?» qu’à la question « pourquoi ? ». C’est la vie.

 

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Macron vs Hamon : Les programmes numériques

Comme vous le savez, ou pas, le numérique est une question qui me tient à cœur tant dans sa dimension de création de valeur, productivité etc., que dans le changement de société qu’il induit. Je vous livre donc ici une comparaison des programmes de Benoît Hamon et Emmanuel Macron basée sur leurs documents de campagne qui sont disponibles ici pour Benoît Hamon  et là pour Emmanuel Macron. Bien entendu, ces « programmes » ne contiennent pas toutes les propositions des candidats mais en représentent les parties les plus diffusées et sont donc censés intégrer leurs priorités.

Qui en parle le plus ?

Notons tout d’abord que le mot numérique est employé 16 fois dans le programme de Benoît Hamon contre 9 fois dans celui d’Emmanuel Macron. Pour autant rapporté au nombre de page des documents on est à peu près sur la même fréquence. Le sujet semble donc avoir une importance assez similaire chez les deux candidats. Ce qui me semble aussi intéressant dans les programmes, c’est que le numérique ne fait pas l’objet d’un chapitre spécifique : preuve que les deux candidats l’intègrent au cœur des programmes, comme un moyen et non comme un « problème à résoudre ».

D’accord sur les points les plus consensuels.

Trois principaux points d’accord dans les programmes. Tout d’abord le développement du très haut débit et la fin des « zones blanches ». Ensuite le développement numérique des administrations. Enfin le renforcement de la cybersécurité. Bon, pas grand-chose de neuf, ces trois engagements font consensus et doivent impérativement se retrouver dans tout programme de candidat sérieux.

Des différences assez marquées.

Pour autant, l’approche reste assez différente sur d’autres problématiques liées directement au numérique.

Emmanuel Macron propose une obligation d’open Data pour certains services de l’Etat. « Les administrations chargées d’autoriser des activités (l’ouverture d’un hôtel, ou l’obtention d’une licence de chauffeur privé, …) devront mettre à disposition leurs données. ». Pour ceux qui ne seraient pas coutumiers de ces problématiques, l’ouverture des données permet à des sociétés privée de les utiliser et de les enrichir afin de proposer des services à leurs clients (la carte des hôtels etc.). Bien souvent, les organismes publics sont réticents à proposer leurs données, par protectionnisme ou tout simplement par manque de budget. Les obliger à le faire c’est donner un véritable coup de pouce à une partie de la nouvelle économie… Mais aussi à Google.

Toujours dans cette idée, Emmanuel Macron propose la création de deux fonds d’investissement, un français directement activable et un européen, plus complexe à monter, pour aider l’innovation. C’est une bonne idée seulement le gouvernement précédent a déjà mis en place ce système, ça s’appelle la BPI (Banque Publique d’Investissement).

De son côté Benoît Hamon propose l’utilisation du numérique pour valoriser les fonds culturels via la mise en ligne des collections patrimoniales. Toujours dans la culture, le candidat souhaite s’attaquer au financement de la création par les acteurs du numérique, une proposition nettement moins anodine que la première.

De plus, il veut être à l’initiative d’un sommet sur la neutralité du Net pour «… garantir la sécurité et la confiance dans le monde numérique. » et notamment sceller des engagements sur l’utilisation des données personnelles. Enfin, Benoît Hamon, souhaite lutter pour la loyauté des algorithmes, une problématique assez complexe sur laquelle planche l’Europe.

Emmanuel Macron rate le plus important

Données personnelles, droit des plateformes, et, surtout en France, financement de la création par les diffuseurs, sont les problématiques structurantes des prochaines années. Elles contiennent à elles seules tous les enjeux du numérique dans le maintien du modèle de création mais surtout des libertés individuelles. Il est assez étonnant de voir que ces problématiques ne sont pas traités, ni même évoquées, dans le programme d’Emmanuel Macron.

Ainsi sur le numérique, force est de constater que les enjeux sont mieux intégrés par Benoît Hamon, qu’Emmanuel Macron ne les compte pas dans ses priorités, qu’il n’est pas ce candidat de la modernité qu’il voudrait incarner. A moins qu’il ne pense que les électeurs ne sont pas à même de comprendre ces problématiques… C’est vrai que la neutralité du Net, c’est moins vendeur que la suppression de la Taxe d’habitation.

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colombes, la vie sous Nicole goueta

Impact Golf de Colombes ou comment jeter l’argent par les fenêtres.

Jeudi dernier en conseil municipal, la Ville a fait voter des demandes de subventions pour l’installation d’un impact Golf à Colombes. La mairie estime un investissement de 120 000 euros nécessaire pour intégrer ce nouveau type d’équipement destiné à « démocratiser le Golf ». Il se trouve que je joue au golf, c’est donc naturellement que je me suis intéressé de plus près à ce projet.

Ce projet d’équipement autour du golf sur notre Ville n’est pas récent puisqu’il fait partie de l’Arc sportif depuis le début. Initialement il était prévu un « practice » de golf. Bien qu’ayant du mal à voir l’intérêt pour la collectivité, c’est en effet un investissement assez lourd (500 000 euros pour celui en projet  à Paris),  j’étais plutôt content de pouvoir m’entrainer près de chez moi. Malheureusement le projet présenté par Mr Perrotel , l’impact Golf, n’a plus rien à voir avec l’initial et surtout risque d’être un fiaco sans précédent.

C’est quoi un impact Golf ?

Mr Perrotel nous a proposé d’aller voir sur Internet ce dont il s’agissait, ce que je me suis bien entendu empressé de faire. L’impact Golf est donc une structure de la taille d’un grand terrain de tennis entièrement recouverte par un filet et qui contient deux parties, une première qui est un putting practice en synthétique, un gros green avec plusieurs trous pour s’entrainer au putt, une seconde qui intègre des cages permettant de s’entrainer au swing ou au bois en envoyant la balle sur un « mur » qui absorbe le coup. (la photo rend le tout plus compréhensible)…  L’ensemble s’apparente donc plus à une attraction foraine qu’à un équipement sportif. A partir de ces recherches sur le site du constructeur, il y a comme faisceau d’indices pour annoncer dès à présent l’échec de ce projet.

Un équipement qui ne convient à aucun type de joueur.

De par son format, l’impact golf ne peut pas satisfaire les joueurs, confirmés ou débutants. Pour les joueurs confirmés, il n’offre clairement pas assez de possibilités (sortie de bunker, approches…). Mais encore plus important, l’impact golf ne permet de voir les trajectoires de balle (elles sont arrêtées par le « mur mou ») ce qui est très important pour les confirmés, mais qui est surtout l’intérêt principal et la première satisfaction des débutants.

Ce qui est cher c’est le fonctionnement : on nous cache des coûts.

Le golf c’est dangereux. Les balles sont très dures, lourdes et vont très vite, c’est pour cela en grande partie qu’il est nécessaire de passer une « carte verte » – un permis de jouer – pour pouvoir pratiquer ce sport. Il est donc nécessaire qu’au moins une personne puisse gérer l’entrée, s’occuper de la discipline… De plus pour initier les gens, il faut des professeurs ou des personnes formées.  Ici la Mairie, n’annonce pas de coût de fonctionnement en plus du budget de 120 000 euros. Ou tout du moins les habitants n’en sont pas informés.

Un manque flagrant de références pour le concept.

Coûts cachés, intérêts mitigé… C’est peut-être ce qui explique qu’il n’y ait aucune référence sur le site de la société qui commercialise ce concept. Nous serions donc les premiers à investir dans ce type d’équipement. Je pose juste la question : Est-ce une priorité pour Colombes d’être pionnier dans les tentatives de démocratisation du Golf ? Apparemment oui.

En résumé : cher et sans intérêt, un projet voué à l’échec.

On se retrouve donc avec un équipement encore moins intéressant et ludique qu’un mini-golf, dont le seul intérêt est de permettre à quelques classes d’école de faire une sortie, et encore quand il fait beau).

Un programme en partenariat avec le Golf tout proche de Chatou, par exemple, nous coûterait très certainement moins cher et serait assuré par des pro.

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