colombes, humeur, la vie sous Nicole goueta

C’est pas moi, c’est l’autre

 

La commune, premier maillon de l’éxécutif, le plus proche des citoyens, crée de nombreuses attentes qui se transforment souvent en incompréhensions voire en déception lorsqu’elles ne semblent pas tenues. Des déceptions plus fortes que pour les autres administrations parce que touchant à notre vie quotidienne. Ainsi les équipes municipales doivent jongler en permanence entre une population en attente et la lourdeur des décisions internes mais aussi externes (communauté de commune, Région, Etat…). En effet, un certain nombre de missions et services sont de la responsabilité des mairies mais pas toutes.

Trop souvent, les municipalités se réfugient derrière l’argument des missions et responsabilité de chacun pour « faire passer la pilule » dans un but purement électoraliste. Une manière de ne pas assumer ses choix politiques tout en préservant des voix. Ainsi on entend trop souvent « c’est de la responsabilité de la région » ou « cela n’entre pas dans nos missions »… pour cacher des décisions qui pourraient être un peu trop impopulaires. Les désengagements récents, basés sur ces arguments, de la Mairie de Colombes dans la santé, via la fermeture du Centre Municipal de Santé et de l’accompagnement des demandeurs d’emploi, en sont une nouvelle preuve.

Ce manque de courage participe a l’impression de brouillard autour des politiques et à la réputation de manque de conviction, autant de point qui s’intègre dans le ras-le-bol global, il est nécessaire de changer cela, d’arrêter de faire peser la faute sur une autre administration ou organisation.

Soutien d’association, création de collectif, mise à disposition de locaux, création de nouveaux services municipaux… La latitude est pourtant large et les solutions existent pour pallier à des carences d’autres administrations ou développer le territoire dans le sens politique choisi.

A l’identique, une autre pratique utilisée jusqu’au plus haut de l’Etat consiste à dénigrer son prédécesseur, les équipes nouvellement élues trouvent une situation encore plus catastrophique que prévue, le budget avait été mal préparé… Bref, toujours le même fond : ce n’est pas moi c’est l’autre. Cette attitude est au moins sinon plus au cœur de la perte de confiance et ne peut continuer. Il s’agira de les bannir pour espérer changer les choses.

 

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Réinventer la ville

Parmi les multiples bouleversements apportés par l’élection d’Emmanuel Macron, la mobilisation et l’intérêt porté à la politique par de nombreuses personnes qui étaient jusqu’à présent en dehors des sphères « militantes » m’a particulièrement frappée. Des millions de gens se sont reconnus dans les discours du candidat et se sont lancés avec enthousiasme dans cette campagne avec l’espoir de renouveler et de changer la manière de faire de la politique. Un espoir qui j’en ai peur sera déçu par la pratique du pouvoir, malgré les discours sur l’ancien monde, la difficulté d’enchainer sur quelque chose de pérenne et vraiment nouveau se fait sentir dans dans la transformation de la machine à gagner les présidentielles en véritable mouvement que dans la manière d’exercer le pouvoir de leur champion.

Déjà, la frange « gauche » des macronistes que je côtoie est moins enthousiaste à défendre l’action du prodige, passant du discours partisan au silence, se réfugiant au mieux dans un « il faut lui laisser le temps ».

Et c’est normal, pour au moins deux raisons selon moi. Tout d’abord ce n’était pas la bonne personne. Jamais le candidat Macron, qui est un réformateur avec de plus une visions assez réactionnaire du pouvoir (l’homme providence, la hauteur, la centralisation… bref le jupiterien – Mot valise inventé pour l’occasion),  n’a proposé de changement en profondeur, tant du monde politique que de la société. Il a habilement su faire naitre l’espoir et rassembler autour d’un programme centre droit. Ensuite, parce que le renouvellement tant attendu est plus complexe à mettre en place au niveau de l’Etat, les contraintes sont trop fortes, les forces d’inertie trop grandes.

Ce renouvellement tant souhaité à la fois par les personnes engagées dans les partis et une très grande partie des autres ne pourra réussir que s’il vient de la base et se propage vers le sommet.

Et la plus petite unité de « vivre ensemble » en France c’est la municipalité.

Les prochaines élections de 2020 sont l’occasion d’imaginer et de mettre en œuvre ces attentes de changements, de modifier l’approche de la politique par une vision plus proche, plus collective et moins clivante du pouvoir. Une occasion pour transformer l’essai, pour enfin mettre en actions les énergies révélés par l’épisode des présidentielles.

Ce renouvellement ne pourra passer que par la définition d’une nouvelle manière d’appréhender le rôle de la municipalité et son action : voir les problèmes sous un angle nouveau, inventer de nouvelles solutions mieux adaptées aux nouvelles attentes. Proposer un nouveau contrat aux populations qui dépasse l’incarnation, les clivages public-privé ou de quartiers… Une vision de la ville à réinventer.

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La victoire des résignés

Ce devait être les insoumis, finalement ce sont les résignés qui ont gagné cette élection. Des résignés qui pensent que c’est en devenant plus performants, plus compétitifs dans le monde actuel que nous pourrons nous en sortir. Des résignés qui espèrent qu’une baisse des impôts et un plan de relance leur permettra de vivre mieux. Des résignés qui préfèrent miser sur les entreprises en leur donnant plus de pouvoir, que sur les hommes, pour avancer dans ce monde. On nous a tellement dit qu’il n’y avait pas d’autre choix possible, qu’on a fini par le croire.

Des résignés qui ont peut-être raison. Oui, la politique que va mener Emmanuel Macron peut réussir, nous permettre de relever la tête, de renouer avec la croissance… Mais pour combien de temps ? Que va-t-on devoir faire la prochaine fois pour rester compétitifs dans la mondialisation, cet épouvantail agité par les neoliberaux tout au long de la campagne ? Aligner nos salaires avec ceux du Mexique ou de la Chine ? Abandonner notre système ?

Je fais partie de ceux qui pensent que nous devons trouver un nouveau modèle, revoir le rôle de l’Etat dans un pays « développé » et dans ce monde en mouvement plutôt que de courir après une compétitivité que nous n’atteindrons jamais. Pour la première fois dans l’histoire nous n’éclairons plus le chemin et c’est cette position que nous devons retrouver.

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